Le nom du quartier doit son nom à un ancien propriétaire, le Chanoine Bernardin de Roqua, qui fit bâtir vers 1512, à une centaine de mètres de l’actuel Collège, une maison à tourelle qui existe toujours : le prieuré de Roqua. Le collège a pris le nom du quartier où il est situé. Le quartier Roqua s'intègre au quartier de Pont d'Aubenas et Tartary qui font tous partis de la commune d'Aubenas.

Un site gallo-romain dans la plaine d'Aubenas

Les premiers habitants vivaient dans la plaine de l’Ardèche en-dessous de  la cité actuelle. En effet, du 1er au 4ème siècle, d’importants domaines agricoles s’étendaient dans les quartiers du Pont d’Aubenas et de Saint-Pierre. Henri Saumade a découvert des vestiges qui l’attestent au cours de fouilles archéologiques en 1992. Le nom d’Aubenas apparaît au xe siècle dans la Charta Vetus et dans le cartulaire de Saint-Chaffre grâce aux donations faites à l’évêque de Viviers par de riches propriétaires gallo-romains. Cependant, le découpage administratif du comté du Vivarais situe ces domaines albenassiens soit dans la viguerie de Vesseaux, soit dans celle de Saint-Étienne-de-Fontbellon. Source : Patrimoine d'Ardèche : Visite du cœur historique d'Aubenas (patrimoine-ardeche.com)

L'arrivée de la famille Roqua au Moyen-Âge

La famille de Roqua a laissé son nom à un quartier d'Aubenas, elle n'était pourtant pas originaire du pays. Nous serions tenté de croire qu'elle vint d'Auvergne, où il y eut plusieurs familles de la Roque, mais nous n'avons rien pu trouver de décisif à ce sujet dans les divers nobiliaires d'Auvergne.
Le premier Roqua qui paraît en Vivarais, à la date d'avril 1439, est un abbé des Chambons, Jean Roqua.
L'abbaye des Chambons, de l'ordre de Citeaux, était située dans un pays froid et peu accessible, et le nouvelabbé paraît avoir préféré la maison du Crouzet, à Ailhon.
Cette maison, qui existe encore offrait un séjour plus agréable, dans un climat plus doux que celui de
l'abbaye. C'est au Crouzet que l'on rencontre pour la première fois d'autres Roqua, venus près de leur frère l'abbé, en 1440. Ce sont nobles Jean Tibie, dit Roqua et Raymond Roqua.
Raymond Roqua fut donc vraisemblablement attiré et marié par son frère, avec noble Françoise Nogier, fille de Guy, vers 1450. Source : Revue du Vivarais 1917, p. 383

Des débuts de l'industrie textile à la fin du 19ème siècle

Au XVIe siècle, Olivier de Serres devenu un agronome réputé, convaincra Henri IV de développer la culture du murier pour le ver à soie. Pierre Benay et son protecteur Jean Deydier, un bourgeois né en 1607 installé dans la région, obtiendront l'assentiment de Colbert. Ensuite l'industrie de la soie, mal vue à la cour de Versailles, va stagner dans la région pendant le reste du règne de Louis XIV, jusqu'en 1715. C'est Jean-Marie Roland, vicomte de la Platière, inspecteur des manufactures royales, qui a révélé dans son encyclopédie méthodique de 1780, que Pierre Benay s'est installé en 1669 à Pont d'Aubenas en créant un établissement modèle, utilisant la technologie italienne (tour et moulins à soie du Piémont), dont les élèves sont partis à Privas et Chomerac. Pierre Benay meurt en 1690, sans descendance. Pierre Benay a cependant eu le temps de travailler avec Jean Deydier, dont la famille va développer, soixante ans plus tard, une des premières industries de la soie « mécanisée ». Source : Famille DEYDIER (Jean, Jacques, Jacques, Henri) (medarus.org)

En 1752, sur décision du roi, la famille Deydier de Sauveroche implante une manufacture royale de filage et dévidage de la soie à Aubenas. Celle-ci sera équipée de moulins conçus par Jacques de Vaucanson (1709 - 1782) et commandés par le Roi. L'implantation de cette manufacture se situe à Ucel, en bordure de la rivière Ardèche, tout près d'Aubenas. Elle est assortie d'une école de formation pour les fileuses et moulineuses. Les travaux commencèrent sur les espaces nécessaires : terrain de la veuve Tailhand au Boisset, moulins du nommé Grandpré. Sur la porte principale, au-dessous des armes du roi, figuraient les armoiries de la famille Deydier. Vaucanson vint sur place pour édifier la Manufacture. Le moulinage se détachait particulièrement avec ses deux avant-corps latéraux et son atelier voûté qui inspirera d'autres constructions industrielles. Les plans avaient été dessinés par l'académicien Guillot Aubry. Les bois provenaient de Suède. Source : Article Aubenas sur Wikipedia citant « Manufacture royale de soie. Ucel, Ardèche », sur data.bnf.fr.

Cette manufacture emploiera jusqu'à 2 000 personnes en 1830. Sous le second empire, l'Ardèche comptait plus de 400 fabriques et faisait travailler une main d'œuvre importante composée presque essentiellement de femmes et d'enfants. Le bassin d'Aubenas comptait déjà deux autres Manufactures Royales, une de laine et une de coton. Une "condition de soie" y est encore implantée par décret impérial en 1854, pour contrôler les produits utilisés par les industriels. Le volume des matières traitées situe alors Aubenas parmi les plus grandes places européennes, derrière Lyon et Saint-Etienne mais devant Avignon. La "condition des soies" qui fonctionnera jusqu'au début du XXe siècle sera à l'origine de la Chambre de Commerce et d'Industrie créée en 1869.

Au XIXe siècle, ce sont près de 22 000 salariés (soit environ 45 % du personnel manufacturier du moulinage en France) qui sont réunis dans les activités liées à la soie et au travail du fil : filature, moulinage, tissage… Source : Famille DEYDIER (Jean, Jacques, Jacques, Henri) (medarus.org)

Les moulinages de Tartary ont cessé un à un leur activité au cours du XXe siècle, les derniers dans les années 1980 alors qu’ils travaillaient les fils artificiels et synthétiques. Les bâtiments, conservés, sont transformés en logements ou abritent des activités commerciales. Les canaux rive gauche et rive droite (dit de Baza) sont toujours en activité et sont utilisés dans l’irrigation de nombreux jardins. Source : Mémoire d’Ardèche et Temps Présent http://www.memoire-ardeche.com/


Pont d'Aubenas : vue générale des usines de Tartary (à droite). D'après le message au verso, les dortoirs des ouvrières servaient de camp de prisonniers ou/et hôpital pour les soldats allemands pendant la Première Guerre Mondiale. Au loin, le clocher de l'église du quartier.